Louis Emberger

À PROPOS

Louis Emberger - Icone - Motion design et Graphisme à Tours

La Mainstage du Moorea Festival 2026

CONTEXTE DU PROJET

Après avoir travaillé sur les deux premières éditions du Moorea Festival en 2024 et 2025, l’équipe m’a de nouveau renouvelé sa confiance pour cette troisième édition, qui s’est déroulée en juin 2026 au Château de Grillemont, à La Chapelle-Blanche-Saint-Martin, près de Tours.

Cette année, le festival a accueilli près de 20 000 personnes autour de la musique électro et de nombreux DJs. Pour cette nouvelle édition, l’univers visuel devait évoluer autour d’un décor composé de roches, de lave, de feu et de fleurs.

L’un des projets les plus importants sur lequel j’ai travaillé était l’habillage de la Mainstage, l’édifice principal du festival. L’objectif était de créer quelque chose de particulièrement impressionnant, à la hauteur de cette immense scène de 38 mètres de large et 16 mètres de haut.

Cette fois-ci, je ne voulais pas simplement créer plusieurs bâches indépendantes. Je me suis donc lancé le défi de faire en sorte que les 17 bâches composant la scène se suivent pour former une seule et même image.

Motif Pierres Mainstage Moorea Festival 2026

UNE IMMENSE COMPOSITION À PARTIR DE 6 IMAGES

Le thème des roches et de la lave avait été choisi par l’équipe du festival. Pour créer cet immense décor, j’ai commencé par générer 6 images similaires représentant des roches sombres avec des reflets bleus et de la lave en fusion.

J’ai utilisé Magnific AI comme point de départ pour créer ces différents visuels. L’objectif était ensuite de les transformer en une seule composition suffisamment grande pour pouvoir habiller l’ensemble de la Mainstage.

J’ai donc disposé les différentes images dans Photoshop et travaillé sur les zones de transition entre chacune d’elles afin de créer des liens cohérents et d’obtenir une seule immense image. Le principal défi était de réussir à conserver une bonne cohérence entre les différentes générations pour que l’ensemble donne l’impression d’avoir été créé comme un seul visuel.

L’utilisation de l’intelligence artificielle m’a donc permis de créer une base graphique, mais une grande partie du travail a ensuite consisté à assembler, adapter et préparer cette composition pour son utilisation réelle sur la scène.

17 BÂCHES POUR CRÉER UN SEUL DÉCOR

La structure technique de la scène était particulièrement imposante. Les dimensions et la disposition des différents éléments m’ont été fournies par Mind, l’entreprise qui s’occupait de toute la partie lights et écrans, tandis que la scène elle-même avait été imaginée et créée en 3D par Corentin Poirier, directeur du festival.

À partir de ces informations, j’ai dû adapter mon immense composition aux 17 bâches différentes.

Le défi était de calculer précisément à quel endroit placer mon visuel sur chaque fichier afin que, une fois toutes les bâches installées, les roches et les coulées de lave continuent parfaitement d’une bâche à l’autre.

J’ai donc réalisé différents calculs avant de disposer mon fichier Photoshop sur mes planches InDesign destinées à l’impression. Il fallait également prendre en compte les fonds perdus, mais aussi la qualité des exports afin d’éviter tout rendu pixellisé à cette échelle.

Le résultat final devait donner l’impression que les 17 éléments physiques formaient un seul décor gigantesque.

Et surtout, cette composition devait également fonctionner avec les différents écrans placés par-dessus les bâches.

Mainstage Moorea Festival 2026
Mainstage Moorea Festival 2026 animée

DONNER VIE AU DÉCOR GRÂCE AUX 7 ÉCRANS

La Mainstage était composée de 7 écrans LED : un grand écran central et trois écrans de chaque côté, disposés de manière symétrique avec plusieurs longueurs différentes.

Mon objectif était de ne pas considérer ces écrans comme des éléments indépendants du décor.

Au contraire, j’ai voulu les intégrer directement dans l’univers graphique des bâches.

Les roches restaient donc fixes sur le décor imprimé, tandis que la lave continuait sur les écrans et se mettait à couler. L’idée était de créer une véritable continuité entre les différents supports et de donner l’impression que l’ensemble de la scène formait un seul environnement.

Pour que cette illusion fonctionne, j’ai dû prendre en compte la position et la taille de chaque écran, mais aussi travailler la colorimétrie afin que les animations s’intègrent naturellement aux visuels imprimés derrière.

J’ai utilisé Magnific AI pour certaines générations d’images et de vidéos, puis After Effects pour créer les différentes animations.

Le résultat était un décor fixe composé de roches et de lave sur les bâches, auquel les écrans venaient apporter du mouvement.

UNE SCÈNE QUI SE TRANSFORME POUR ANNONCER LES ARTISTES

Les écrans n’avaient cependant pas uniquement un rôle décoratif. Ils étaient également utilisés pour annoncer les différents DJs avant leur arrivée sur scène.

Pendant les moments classiques, une boucle permettait à la lave de continuer à couler sur les écrans, dans la continuité des bâches. Pour les annonces d’artistes, cette base venait ensuite évoluer avec différentes animations.

J’ai créé 3 animations différentes, chacune associée à une musique spécifique et rythmée sur celle-ci.

Des cadres et des aplats rouges ou blancs apparaissaient alors progressivement sur les différents écrans, en suivant leur forme et leur disposition sur la scène. Chaque animation créait une montée avant de terminer avec l’annonce du prochain artiste.

À la fin, un cadre faisait apparaître cadre avec une photo du DJ, accompagnée de son logo et de son nom. Le nom de l’artiste était également prononcé par une voix off.

Pour les logos, j’ai notamment utilisé Blender afin de créer un rendu chromé en 3D.

Afin de conserver une cohérence entre toutes les annonces et d’accélérer la production, j’ai créé un template permettant d’adapter facilement les différentes animations aux artistes.

Annonce Sound of Legend Moorea Festival 2026
La Mainstage du Moorea Festival 2026 en situation

VOIR SON TRAVAIL À UNE TOUTE AUTRE ÉCHELLE

La création des visuels et des animations n’a finalement représenté qu’une partie du travail.

Les fichiers étaient particulièrement lourds et les exports ont demandé plusieurs jours de travail et de nombreux essais. Pour chaque animation, je devais notamment réaliser deux exports différents : un pour l’écran principal et un autre pour les écrans latéraux.

Nous avons également effectué différents tests la veille du festival afin de vérifier le bon fonctionnement de l’ensemble directement sur la scène.

Découvrir le résultat final à l’échelle réelle a été une grande fierté pour moi.

C’était la première fois que je voyais l’une de mes animations diffusée sur une scène aussi grande et devant des milliers de personnes. J’étais particulièrement fier d’avoir réussi à aller jusqu’au bout de mon idée initiale : créer une véritable illusion entre les 17 bâches imprimées et les 7 écrans animés, pour donner l’impression que tout le décor faisait partie d’un seul et même univers.

Le retour du public a été très positif, tout comme celui de l’équipe du festival qui a beaucoup apprécié le résultat. Plusieurs techniciens m’ont également fait part de leur impression face au rendu final de la scène.

Après avoir travaillé sur l’identité visuelle du Moorea Festival depuis sa première édition, voir les créations prendre une telle ampleur sur cette troisième édition était forcément une expérience particulièrement marquante.